Qu’importe ce qu’en fait le vent …


Qu'importe ce qu'en fait le vent ...
Exposition - Galerie des jours de lune
26.05.21> 19.06.21
Commissariat: Viviane Zenner 

PAULINE BAZIGNAN - RÉMI BOIGOT -
HSIA FEI CHANG - LAURENCE GOSSART -
JÉRÔME LÉGER - ERINI LINARDAKI -
MAUD LOUVRIER CLERC - BARBARA NOIRET
SARAH RICHARD - AÏDA SCHWEITZER -
JEANNE SUSPLUGAS

☛ https://joursdelune.com/actualite/


L'œuvre d'Aïda nous revient au pilier «Djed» qui dans l'Egypte était une représentation stylisée d'un arbre en fleurs. Elle nous confronte à une structure verticale étoffée et constituée de faisceaux de tiges rappelant le végétal qui se veut également jouer un rôle dans les rites de fertilité. C'est à travers l'expérience de l'artiste que ce collier sublime le corps, les matières et les évènements.
Un dialogue se crée entre l'ornement et la sculpture. Habiller le corps, le sublimer, l'érotiser telle une affirmation confiante de ce que nous sommes. La force vitale qui habite délivre un message: le souffle de la vie reprend.
Ce collier nous fait voyager entre différentes coutumes, traditions et rites culturels. Symboles de culte, d'enjeux esthétiques et symboliques à travers ses matières; le wax du Sénégal, l'or bleu des Touaregs, le métissage des cheveux blonds et noirs, les fils colorés dans lesquels sont cachés des tiges en métal.
Les festivités sont mises à l'honneur, elles contribuent à tresser des liens entre les peuples. Savourons nos retrouvailles, contemplons le futur qui s'ouvre à nous, fêtons la vie.

 

 

Casino Luxembourg


TEMPORARY CONTEMPORARY
8 — 31.3.2021

Le 22 mars 2021, le Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain fête ses 25 ans. Dans le cadre d'un appel à projets lancé par le Casino Luxembourg, Les 25 projets retenus; Ouvrez les yeux et partez à la quête des 25 affiches réparties un peu partout dans la ville, ou de venir les admirer alignées l'une à côté de l'autre sur le panneau d'affichage à l’extérieur de l’«Aquarium», sur le boulevard Roosevelt.

Artistes :
Lucie Becker & Marie-Catherine Lux, Sven Becker, Emma Bervard, Éric Chenal, Stina Fisch, Lisa Folschette, Patrick Galbats, Bettina Ghasempoor, Dirk Kesseler, Reza Kianpour, Kontext, LAGERKULTUR / Sarah Hornung alias 0ptics0ul, Lala La Photo, Isabelle Mattern, Irina Moons, Christopher Morse, Patrick Muller, Chri(s)tophe Peiffer, Pouvoir d'achat, Anna Recker, Charles Rouleau, Aïda Schweitzer, Studio SNCDA / Sara Noel Costa de Araujo, Cathy Thill, Mike Zenari 
25 ans. 25 artistes. 25 affiches.


☛  https://www.casino-luxembourg.lu/fr/Agenda/Temporary-Contemporary
Voir aussi : Le clip rétrospectif réalisé par SKIN
☛  https://www.casino-luxembourg.lu/fr/Casino-Channel

Interview Al-Tiba9


Discover my online interview with Mohamed Benhadj,
Founder & Curator of Al-Tiba9 (الطباق)

Al-Tiba9 Art Magazine is an established international publication that showcases experimental and progressive contemporary art

Aïda Schweitzer is a Franco-Egyptian performance artist.
Aïda lives and works between Luxembourg and Brussels. Without learning in art school, her confusing work is based on "a no" partitioning, a distance from a formatted model, and challenges the established codes. Committed and feminist, her work plunges us into a poetic interiority of pure lines, a legacy of her travels in Asia. Her drawings haunted by an imagined bestiary whose fine lines are repeated in an almost obsessive gesture revealing freedom of expression that can be found in the composition of her plastic language. Favor the intimate where the association of forms, materials, and symbols intersect. The revisited memory, the invisible, and the visible are intimately linked in an almost mystical approach. In its performance, societal issues on the status of women occupy a central place.
 Interviewed by curator Mohamed Benhadj

Contemporary Art Magazine - Al-Tiba9 Contemporary Art
Artist Aïda Patricia Schweitzer - April 9, 2020

☛ https://www.altiba9.com/artist-interviews/aida-schweitzer-performance-feminist-performer-artist

Résidence d’artiste – Maroc


SITUATION TRACEE reportée

Artiste en résidence Aïda Patricia Schweitzer
Accompagnée par Julie Crenn – historienne de l’art et commissaire d’exposition indépendante
Sur invitation de Mohamed Rachdi Directeur de H2/61.26 - Casablanca, MAROC

Artiste autodidacte, Aïda Patricia Schweitzer (née en 1968) vit et travaille entre le Luxembourg et la Belgique. Elle développe depuis les années 2000 une pratique transdisciplinaire où son corps constitue la matrice centrale de sa réflexion plastique. Du dessin à la peinture, en passant par l’installation, la broderie et la performance, l’artiste s’empare d’une pluralité de médiums à des fins à la fois critique et poétique. Avec l’ambition de bousculer des codes, des formes et les matériaux, elle tend à déplacer les points de vue sur l’Histoire, les identités, les inégalités et les rapports de dominations qui existent par delà les époques et les cultures.

À l’occasion de sa résidence au H2/61.26 à Casablanca, Aïda Patricia Schweitzer travaille à une reconnexion avec son histoire intime. D’origines égyptienne, chaouie et française, l’artiste souhaite explorer une identité plurielle par le biais du voyage et du nomadisme en particulier. Très jeune, elle part en Égypte en quête de traces de son histoire. Elle rencontre sa grand-mère. Plus tard, elle poursuit les voyages et se rend au Maroc. Elle débute un séjour dans le désert, où elle fait la connaissance de Bédouin.e.s avec qui elle décide de rester un temps. Dans cette expérience de type introspective, elle découvre un mode de vie, des codes, une langue, une solidarité, un rapport au territoire. Au fil du temps, à la manière d’un patchwork, elle pense des liens entre ses origines et les rencontres. Les Chaouis, Berbères d’Algérie, sont un peuple nomade dont les objets, les pratiques et les symboles seront intégrés à d’autres éléments issus d’une histoire personnelle. Le personnel rencontre inévitablement le collectif. Le voyage physique et mémoriel entre l’Europe et l’Afrique du Nord constitue le point de départ d’une réflexion portée sur une histoire collective partagée, ainsi qu’une histoire personnelle dont l’écriture est en cours.

Le corps de l’artiste et le désert, envisagé tant comme un corps qu’un territoire, trouvent une place centrale au creux d’une recherche basée sur la mobilité, le mouvement, le nomadisme et la reconstruction. L’artiste mixe des symboles et des pratiques issus de différents héritages, de différentes cultures et histoires pour en faire ce qu’elle nomme un patchwork visuel, matériel et symbolique. L’installation, formée de matériaux à la fois artisanaux (céramique, henné, pyrogravure, broderie, papyrus) et industriels (palette, traces de pneu, wax) engage une pensée de la lutte, de la résistance et du dilemme. Une pensée située dans un entre-deux, une zone à la fois réjouissante, parce que nourrie d’apports culturels multiples, mais aussi une zone de conflits permanents vis-à-vis d’une histoire aux ramifications nombreuses. Au centre de l’installation, un sac de frappe entaillé à différents endroits se vide de son contenu. Le sable s’écoule et recouvre lentement le dessin d’une boussole tracé au sol. L’artiste traite ainsi du voyage, mais aussi des repères, de la rencontre et de la perte. Une violence s’établit dans l’interaction des éléments et des symboles. En ce sens, les coussins réalisés à partir de Dutch wax renvoient à l’histoire coloniale et à la question de l’authenticité culturelle (cette prétendue authenticité réclamée par les Occidentaux aux artistes racisé.e.s), ici mise à mal par des tissus devenus les symboles dichotomiques du colonialisme et du panafricanisme. L’artiste brode, tatoue et grave également des Adinkra, des symboles graphiques créés par les Akans et les Baoulés en Afrique de l’Ouest. Aïda Patricia fait ainsi apparaître les symboles de la persévérance, de la lutte ou de la féminité. Par eux, elle nous livre le récit fragmenté de son histoire dont elle rassemble les morceaux.

Situation tracée #1 fonctionne comme un rébus où sont articulés des codes, des symboles, des secrets, les éléments d’un langage crypté qui traduit une difficulté : celle de retranscrire et de donner forme à son histoire personnelle. L’œuvre est un autoportrait dont chacune des dimensions rejoint le corps central, le sac de frappe suspendu, percé et se vidant de son contenu. Un corps blessé. La réflexion plastique d’Aïda Patricia Schweitzer repose alors sur l’analyse, la mise en dialogue et le déplacement de symboles intimes et culturels. L’œuvre forme la synthèse d’une recherche interculturelle visant à une guérison, une réparation. À partir d’un corps, d’une histoire, Aida Patricia Schweitzer sculpte et brode de nouvelles trajectoires, des perspectives croisées, de violences sourdes, d’une mémoire commune.

Julie Crenn, février 2020

 

☛  Julie Crenn

☛  H2/61.26 - Casablanca-Maroc